Le raisonnement séduit tout le monde : une pompe à chaleur consomme de l'électricité, un toit solaire en produit — mariez-les et le chauffage devient gratuit. La réalité est un peu plus nuancée, et reste excellente.
La nuance qui compte : l'hiver
Soyons honnêtes : la PAC consomme surtout de novembre à février, quand le toit produit le moins. Le duo ne rend donc pas le chauffage autonome — le réseau reste indispensable en hiver. Ce que le solaire couvre magnifiquement : l'eau chaude de mars à octobre (la PAC la produit alors quasi gratuitement), les mi-saisons de chauffage, et toute la consommation domestique de l'année. Bilan réaliste : 30 à 50 % de la consommation totale de la maison effacés, davantage avec une batterie.
Le calcul en francs
Une installation photovoltaïque de villa (8-12 kWc) coûte CHF 15'000-25'000 posée, aides fédérales déduites. Combinée à la PAC, l'économie annuelle ajoute CHF 800-1'500 aux CHF 1'500-2'000 déjà gagnés face au mazout. L'ensemble se rembourse sur 10-15 ans — puis produit pour rien pendant encore autant.
Tout poser en même temps ?
Pas obligatoire, et souvent pas optimal : le chauffage n'attend pas quand la chaudière fatigue, le solaire peut suivre un ou deux ans après. L'important est d'anticiper le duo dès la pose de la PAC : une régulation compatible (la plupart des machines récentes savent « boire » le surplus solaire en surchauffant le ballon), et le tableau électrique préparé. Dites « projet solaire à terme » dans le champ libre du devis — la préparation ne coûte presque rien, l'oublier coûte une seconde intervention.